Le 23 juin 2021, le Réseau Avenir égalitaire, en partenariat avec le Réseau Enchanté, a réuni des organisations lors d’une séance de réflexion de 90 minutes pour parler de la façon d’aller au-delà de la binarité en déconstruisant les concepts de genre et l’utilisation du langage genré au Canada.

Les participant·es ont entendu des présentations de représentant·es du Réseau Enchanté, de l’Edmonton 2 Spirit Society et du JAG, qui ont fourni un contexte pour la discussion et partagé les meilleures pratiques organisationnelles et les leçons apprises. Au total, 73 participant·es ont assisté à la séance et participé aux petits groupes. Voici ce que nous avons entendu :

DOMAINES AYANT BESOIN D’UN SOUTIEN CIBLÉ

Faire avancer l’égalité des genres au Canada exige que nous concentrions nos efforts pour combler les écarts actuels entre les hommes et les femmes, que nous examinions comment déconstruire les concepts binaires du genre et que nous inclusions une diversité de voix, d’expériences et de perspectives dans tout le travail que nous faisons. Notre façon de penser, de parler et de communiquer à propos du genre joue un important rôle dans l’avancement de la justice sociale et la création d’espaces inclusifs pour tout le monde.

À l’échelle organisationnelle, il y a un important travail à faire pour combler les écarts entre les genres, éliminer les stéréotypes et révolutionner la façon dont nous comprenons le genre et en parlons. Aborder comment la langue, les structures organisationnelles ainsi que les données et la recherche sont fondées sur une compréhension binaire et coloniale du genre est primordial pour aller de l’avant en incluant les identités trans, non binaires et bispirituelles.

MEILLEURES PRATIQUES

  • Language inclusif :
    • En tant que secteur, nous devons délaisser le langage « hommes et femmes » et le remplacer par des termes de genre neutre. C’est particulièrement important pour les personnes qui offrent des services de première ligne et dont le personnel interagit avec la clientèle afin d’assurer que ces espaces soient propices à l’affirmation du genre.
    • Il est important de reconnaître le tort causé par l’utilisation du langage genré. Les personnes trans, non binaires et bispirituelles sont confrontées à des obstacles supplémentaires étant donné que la société utilise le langage genré par défaut. Il est donc très important d’utiliser un langage inclusif pour leur sécurité et leur bien-être.
    • Par où commencer? Nous pourrions commencer par nous pencher sur les documents, formulaires, questionnaires et autres documents de communication (interne et externes) pour voir quels ajustements peuvent être faits pour rendre le langage plus inclusif. Il est également important de reconnaître qu’apprendre est un cheminement et que revisiter ces documents régulièrement est une bonne pratique pour s’assurer que le langage est inclusif et à jour.
  • Restructuration organisationnelle :
    • Au-delà du langage, les organisations devraient réviser et mettre à jour leurs programmes, politiques et services pour refléter les populations desservies. Ce travail doit être fait à toutes les échelles de l’organisation, y compris à l’échelle du conseil d’administration.
    • Les organisations doivent être claires sur le fonctionnement de leurs systèmes et comment ces derniers soutiennent le changement durable de comportements et de normes. Le changement doit être instauré à l’échelle organisationnelle pour que les espaces soient sécuritaires et inclusifs pour tout le monde.
    • Il y a un réel besoin en matière de programmes et services axés sur l’inclusion des genres.
  • Renforcement de la capacité :
    • Offrez des occasions de formation et des services de soutien et créez d’autres contextes d’apprentissage qui favorisent une culture organisationnelle axée sur l’ouverture, la transparence et l’inclusion.
    • Créez des politiques et procédures qui permettent la justice réparatrice et la médiation de conflit.
    • Soyez conscient·es de la personne responsable de l’espace. Demandez-vous qui devrait diriger les espaces et faites attention de ne pas parler au nom d’une communauté en particulier et de prendre une place qui n’est pas la vôtre.
  • Décolonisation et réconciliation :
    • Ayez un point de vue critique sur vos façons de travailler et examinez comment elles sont orientées selon des cadres et pratiques coloniales. Demandez-vous s’il y a d’autres façons de savoir et d’être qui pourraient mieux orienter le travail accompli et reconnaissez qu’il y a de nombreuses façons de comprendre le genre. Par exemple, bien que ce soit la meilleure pratique d’inclure les pronoms dans notre travail, nous devrions également tenir compte du fait que cela ne reflète pas nécessairement les langues autochtones qui n’utilisent pas de pronoms.
    • Il est crucial d’être conscient·es des rôles de la colonisation dans l’effacement de la diversité des genres pour les communautés autochtones afin de nous assurer que le travail d’égalité des genres et de justice sociale soit inclusif et éclairé et qu’il contribue à l’avancement du chemin vers la réconciliation.

IMPORTANTE LACUNES ET PRINCIPAUX DÉFIS

  • Language :
    • Tenir cette conversation en français pose un défi particulier, puisqu’il s’agit d’une langue foncièrement genrée. Il est donc difficile d’y apporter des changements pour avancer vers l’inclusivité. Jetez un coup d’œil à notre section « ressources » pour en savoir davantage!
  • Tensions au sein du mouvement :
    • Il y a de fortes tensions entre les mouvements féministes et la communauté 2ELGTBQ+. Parfois, il est très difficile de faire avancer les choses pour que les espaces, programmes, services et associations soient plus inclusifs, particulièrement lorsque les mouvements/organisations sont fondés sur d’anciennes compréhensions extrêmement binaires. Cela empêche les membres communautaires de diverses identités de genre de participer aux programmes et d’accéder aux services. Notre féminisme est inclusif des personnes trans et de diverses identités de genre. En tant que réseau, nous cherchons à inclure, édifier et amplifier les réalités trans, bispirituelles et de diverses identités de genre.
  • Données et recherche :
    • En tant que secteur, nous devons avancer vers les données et la collecte de données inclusives des genres. Il est capital d’orienter les politiques, pratiques, espaces, services et programmes. De plus, il y a un besoin d’explorer plus en profondeur l’inclusion des identités bispirituelles et comment nous pouvons permettre à leur identité de demeurer intacte plutôt que partiellement représentée en ce qui a trait aux questions sur le genre dans la collecte de données.

QUE FAIRE MAINTENANT?

Aller au-delà de la binarité est une composante cruciale de l’avancement de l’égalité des genres pour tout le monde, à l’échelle locale et mondiale. Pour aller de l’avant, nous devons :

  • Nous éduquer!
    • Cherchez à comprendre les divers contextes et impacts intersectionnels du manque de filets de sécurité, de l’accès limité aux ressources, de la marginalisation, de l’homophobie, de la colonisation, du traumatisme intergénérationnel, etc. Cliquez ici pour accéder à de plus amples ressources.
  • Nous impliquer dans des mouvements locaux!
    • Les mouvements locaux doivent être intersectionnels et éclairés par des personnes ayant une expérience vécue. Ces mouvements devraient être cocréés avec les membres communautaires les plus touchés par les inégalités systémiques fondées sur le genre. Trouvez une organisation dans votre région en utilisant notre nouvelle carte interactive!
  • Écouter diverses voix!
    • Au lieu d’occuper l’espace, écoutez et amplifiez diverses voix, expériences et perspectives et n’occupez pas une place qui ne vous appartient pas.

RESSOURCES SUPPLÉMENTAIRES

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Le Réseau Avenir égalitaire reconnaît que les peuples autochtones sont les gardiens traditionnels de l’Île de la Tortue, qu’on appelle également le Canada.

Veuillez consulter notre reconnaissance du territoire ici