Le 25 mai 2022, le Réseau Avenir égalitaire, en partenariat avec la section canadienne de l’International Youth Alliance for Family Planning (IYAFP), a réuni un groupe de jeunes et d’intervenant·e·s jeunesse pour une séance d’incubation virtuelle interactive de 90 minutes qui a exploré l’engagement des jeunes comme élément central du développement communautaire continu du Réseau Avenir égalitaire. Les participant·e·s ont échangé leurs points de vue sur les problèmes clés qui créent des obstacles à l’inclusion significative des jeunes et sur la manière de les dépasser pour créer des espaces qui encouragent activement un engagement pratique et significatif tout en connectant les mouvements de jeunesse locaux au Canada avec des mouvements de jeunesse de même sensibilité dans le monde entier.

Pour lancer la session, les participant·e·s ont écouté Arissa Roy, fondatrice et directrice générale de Project Power Global et défenseuse de l’équité en matière d’éducation. Arissa a partagé son parcours visant à créer une action locale pour les problèmes mondiaux et son expérience en tant que jeune activiste. Ensuite, des représentant·e·s de l’IYAFP ont partagé les résultats préliminaires de leur analyse de l’environnement de l’engagement des jeunes et le projet de cadre pour une stratégie organisationnelle d’engagement des jeunes pour CanSFE.

Il s’agissait de notre deuxième session d’incubation qui portait sur l’importance de l’engagement des jeunes et sur la façon de faciliter les connexions et de renforcer la collaboration entre les organisations de jeunesse canadiennes et internationales pour faire progresser l’égalité de genres dans le monde. Au total, 22 participant·e·s ont assisté à la session et ont participé aux groupes de discussion. Voici ce que nous avons entendu :

Connecter les mouvements de jeunesse locaux et mondiaux

L’engagement des jeunes à l’égard des objectifs de développement durable est faible au Canada par rapport à d’autres pays. Quelques questions clés à se poser : Quelles sont les différentes barrières qui affectent la participation des jeunes et l’inclusion de leurs perspectives et expériences dans les programmes, services et soutiens ? Comment pouvons-nous mettre en relation les jeunes du Canada avec d’autres mouvements mondiaux afin de mieux partager et échanger des ressources, explorer de nouvelles opportunités de croissance, créer de nouveaux partenariats et trouver des moyens innovants pour renforcer notre travail collectif ? En répondant à ces questions, nous pourrons trouver la voie à suivre pour encourager les jeunes à s’engager activement et à participer à la recherche de solutions aux problèmes qui affectent leur vie. 

1. Rendre les espaces sûrs et accessibles :

Les jeunes sont confronté·e·s à des obstacles particuliers lorsqu’il s’agit de participer. Des éléments tels que l’âge minimum requis pour participer à des conférences/événements, l’accès à des transports sûrs, les barrières linguistiques et économiques ne sont que quelques exemples de ce qui peut entraver leur capacité à s’engager dans les espaces de prise de décision. Pour que les organisations puissent travailler utilement avec les jeunes, les cadres systémiques et opérationnels doivent être réexaminés afin de créer des espaces aussi peu contraignants que possible pour offrir des chances égales de participation aux jeunes. Comment cela se traduit-il dans la pratique ? Subventionner les déplacements pour participer à d’importants forums internationaux, supprimer les conditions d’âge minimum, fournir des traductions afin de favoriser le dialogue entre les langues, rémunérer équitablement les jeunes pour leur temps et leur expertise, et subventionner des services tels que l’internet sont autant de moyens de permettre une participation significative des jeunes.   

2. Atténuer les déséquilibres de pouvoir :

Il est absolument primordial d’éviter d’accroître les déséquilibres de pouvoir lorsqu’on s’engage avec les jeunes – à la fois entre les jeunes et les autres parties prenantes et aussi lorsqu’on réunit les jeunes canadien·ne·s avec les jeunes du monde entier pour défendre des questions mondiales. En particulier, l’identification d’approches décoloniales du plaidoyer et de l’engagement des jeunes, tout en s’assurant que les parties prenantes effectuent leur propre travail en matière de diversité, d’équité et d’inclusion, aidera à établir un équilibre des forces lors de l’établissement de ces relations. Par exemple, la pratique de la transformation organisationnelle – la méthode consistant à reconnaître comment les idéologies dominantes actuelles sont nuisibles et sont renforcées pour normaliser les valeurs et les pratiques sociétales oppressives – est essentielle à ce travail. La cocréation, la collaboration et le fait de centrer les voix des jeunes doivent être privilégiés, tout en pratiquant l’écoute active. Ce sont des étapes importantes pour rétablir les déséquilibres de pouvoir systémiques et structurels inhérents.

3. Créer des circonstances opportunes mutuellement bénéfiques :

Pour créer des mouvements de jeunesse durables, il faut d’abord s’assurer que leur participation n’est pas considérée comme symbolique – par exemple, un seul siège pour un jeune dans un panel n’est éventuellement que l’apparence de l’engagement des jeunes – une inclusion significative des jeunes peut conduire à une amélioration des taux de recrutement et de rétention. Dans de nombreux cas, le recrutement des jeunes repose sur la sensibilisation au sein des réseaux existants d’une organisation. Bien qu’efficace, cette pratique peut involontairement être source d’exclusion.  Les jeunes ne constituent pas un groupe homogène et il est nécessaire de trouver la meilleure façon d’atteindre et d’impliquer les jeunes les plus marginalisé·e·s dans les processus de recrutement.

Deuxièmement, les jeunes doivent être respecté·e·s en tant qu’expert·e·s et leurs expériences vécues doivent être considérées comme une valeur ajoutée au travail effectué. Ce qui n’est peut-être pas dans le budget pourrait être compensé en offrant des possibilités de mentorat aux jeunes ou en créant des espaces de mise en réseau pour leur permettre d’entrer en contact avec d’autres professionnel·le·s dans leur domaine. En attribuant à l’expertise que les jeunes apportent à la table une valeur équivalente, cela crée également une opportunité d’apprentissage réciproque pour toutes les personnes impliquées.

Que faisons-nous maintenant ?

Nous devons examiner qui est absent·e de la table de décision. Il est nécessaire de créer une communauté au niveau de l’engagement des jeunes afin de partager les meilleures pratiques, les ressources et les outils éducatifs. Pour un changement social transformateur, les expériences et les voix des jeunes doivent être centrées et au premier plan de tous les programmes, services et soutiens qui touchent les jeunes au Canada et dans le monde.

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